La commune nouvelle, c’est à prendre ou à laisser

Peut-être s’agit-il d’un petit détail mais il en dit long. A l’occasion du dernier Facebook Live de février en direct de la mairie de Fourqueux, Arnaud Péricard, maire de Saint-Germain-en-Laye, a annoncé son intention de dénoncer le contrat passé avec Mareil-Marly en vue d’assurer son service de police municipal.

Il faut parler un peu du contexte de cette affaire. Il y a quelques années Fourqueux et Mareil avaient convenu en bons voisins de rapprocher leurs modestes moyens et de mutualiser leurs policiers municipaux. L’expérience avait tourné court. Les deux policiers s’entendaient très bien. Si bien qu’un élu les aurait surpris, pendant les heures de service, en train de faire des achats dans un centre commercial de Chambourcy. Les faits sont anciens et il ne s’agit pas de dénoncer ceux-ci et encore moins les personnes concernées. Juste l’occasion de souligner que les maires avaient convenu alors avec sagesse que cette mutualisation à toute petite échelle sans hiérarchie et contrôle efficace était une fausse bonne idée. Par la suite Mareil-Marly s’étant retrouvée sans policiers municipaux a choisi de se tourner vers son grand voisin de Saint-Germain.

Mais voilà que Arnaud Péricard au cours de ce fameux débat Facebook Live de février déclare ceci :

« À partir du moment où on tourne le dos à un projet comme celui-là [la commune nouvelle], quelles que soient les raisons, eh bien, forcément, nous, nous renforçons nos coopérations et nos synergies avec Fourqueux. Et on en aura un peu moins avec Mareil-Marly […] J’ai pris la décision de supprimer la police pluricommunale car les forces de police municipale, elles sont affectées au territoire communal de Fourqueux et plus celui de Mareil-Marly. C’est du service en moins pour la population de Mareil-Marly et en plus pour celle de Fourqueux. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre, comme on dit. »

Le Courrier des Yvelines de ce mercredi confirme le retrait de Saint-Germain et décortique les faits : au départ le contrat de police municipale à 60000€/an n’avait rien à voir avec le projet de commune nouvelle, mais le vote des électeurs de Mareil-Marly de septembre 2018 en faveur de la seule liste hostile à la fusion immédiate l’a changé subitement de nature. C’était en fait une première marche vers la commune nouvelle.

A partir du 1er mai prochain Mareil-Marly devra donc trouver une autre solution et recruter au moins un agent de police municipal isolé et mal encadré pour à peine moins cher que le contrat conclu avec Saint-Germain.

Contacté récemment par le journal, Arnaud Péricard a encore précisé ceci pour se justifier : « Je n’ai aucun contact avec Mariel-Marly. Ma police municipale est armée. Je ne vais pas prendre la responsabilité d’avoir des effectifs armés sur une ville avec laquelle nous n’avons aucune relation. J’ai donc pris la décision de redéployer les effectifs sur le territoire de Fourqueux, c’est de ma responsabilité. »

Incroyable injonction faite aux petites communes de se plier à la doxa de la commune nouvelle. Même si par chance votre maire n’y est pas spontanément favorable et qu’il a quelques scrupules à euthanasier la collectivité que les électeurs lui ont confiée, il subira la pression permanente non seulement de l’Administration (sous-préfet, préfet) mais aussi celle des maires voisins qui convoitent son territoire.

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