Horloge de Notre Dame et Fourqueux

Il y a quelques semaines, a eu lieu une découverte inespérée : la sœur quasi-jumelle de l’horloge disparue dans l’incendie de Notre Dame de Paris a été retrouvée à l’église parisienne de la Sainte Trinité (9° arrondissement). Cette découverte relance l’espoir de reconstruire ce chef-d’œuvre, conçu par un célèbre Fourqueusien et détruit dans le violent incendie d’avril.

Nous ne résistons pas à l’envie de vous relater cette belle histoire…

La découverte : 

L’horloge découverte en juin dernier à l’église parisienne de la Sainte Trinité par Jean-Baptiste Viot (horloger) est imposante, avec un mécanisme en fonte et en laiton de plus de deux mètres de long. C’est en fait la petite sœur de celle de Notre Dame, construite la même année (1867) par Collin… qui n’est pas un inconnu pour les Fourqueusiens (voir plus bas).

L’horloge, contrairement à la charpente n’avait pas été numérisée avant sa destruction. Les plans ayant disparu, aucune indication n’existait donc, sauf des photos, pour guider sa reconstruction. Avec la découverte de ce modèle, on a désormais toutes les cotations et on peut sérieusement envisager de reconstruire une horloge pour Notre Dame, même si celle qui avait été détruite était « un peu plus élaborée ». Mais encore faut-il pour cela que cette reconstruction s’inscrive dans le projet global de rénovation de l’édifice. La reconstruction de l’horloge «serait une goutte d’eau» dans les fonds déjà promis pour la reconstruction estime Olivier Chandez (horloger et « maître du temps » de Notre Dame), qui refuse de concevoir une «nouvelle» cathédrale sans son cadran: «Tous les édifices religieux ont une horloge. Tous». Et Jean-Baptiste Viot d’abonder: «Une cathédrale sans horloge, c’est comme un porte-avions sans avions».

La Villa COLLIN :

Armand-François Collin, né à Paris le 5 septembre 1822, est orfèvre et fabricant d’horloges monumentales.

Il a été l’un des horlogers les plus en vue sur la place de Paris. Il a équipé entre autres, à Paris, les églises Saint-Germain-l’Auxerrois et Saint-Augustin, la basilique Sainte-Clotilde, les mairies des IVe, XIe et XIIe arrondissements. Il a décroché des médailles lors des Expositions universelles de 1855, 1860, 1867, 1875, 1878. A l’occasion de cette dernière exposition, où il obtient 2 médailles d’or, 2 d’argent et 2 de bronze, il est également fait Chevalier de la Légion d’Honneur. En 1881, il obtient une médaille d’or à l’exposition internationale d’électricité.

En 1891, Armand Collin décide de faire bâtir une villa à Fourqueux, sur l’emplacement de l’ancien château. Il fait appel à son ami, l’architecte Émile Vaudremer (1829-1914) aidé de son élève, Charles Duval. Émile Vaudremer, prix de Rome dès 1854, est alors un architecte reconnu. On lui doit en particulier les églises Saint-Pierre de Montrouge et Notre-Dame d’Auteuil, les lycées parisiens Molière et Buffon et la prison de la Santé. Charles Duval était le cousin de Charles Marret (autre célébrité de Fourqueux), l’époux de Marie Collin, la fille d’Armand.

La maison sera construite entre 1891 et 1898, dans un style « renaissance normande » correspondant à la mouvance régionaliste de la fin du 19e siècle. Elle est connue sous le nom de Villa Collin, classée depuis 1998 à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.

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